Faut-il souffrir pour faire des arts martiaux ?

16906363902_2f5eac9831_mUne fois n’est pas coutume, je poste ici le fond de mes pensées…

Je me suis posé cette question après avoir vu une photo d’un pied tuméfié que me montrait ma fille sur son smartphone, pied appartenant à une de ses condisciples pratiquant un autre art martial largement répandu,  fortement compétitif.

Les pratiquants d’art martiaux le savent bien, tôt ou tard, on finit toujours par affronter la douleur comme chaque sportif qui s’investit dans sa discipline. Les ecchymoses, ça arrive, même quand le respect entre partenaires est au plus haut. Parfois, l’acceptation de la douleur fait même partie du chemin, elle endurcit l’esprit et dans une certaine mesure le corps. Personne ne peut dire que les clés, les étranglements et autres pressions incapacitantes ne sont d’une infinie délicatesse.

Faut-il pour autant revenir de chaque séance d’entraînement les bras couverts de ‘bleus’, en boitant et l’œil arborant un coquard multicolore ? La réponse est non, évidemment, sauf si c’est un but en soi, un passage obligé et qu’ils sont partagés par le professeur et l’élève. Sans cette condition, on s’approche du traitement inhumain qui ne sied guerre à la pratique sportive ni à la philosophie des arts martiaux japonais. Il faut alors se poser la question si le but poursuivi par le professeur n’est alors que le sien propre, au détriment de ses élèves, de leur dignité, de leur bien-être,  pour la gloire…

Ayant moi aussi pratiqué cette discipline,  je me souviens d’une maxime  en couverture du magazine de cette Fédération qui titrait « L’orgueil précède la chute »…

En regardant cette photo de pied tuméfié et en me souvenant d’autres marques vues sur les bras et les jambes de cette jeune fille, je me suis posé la question de savoir quelle était la valeur morale de son senseï, si son but était l’épanouissement de cette jeune fille…

Parents, ne laissez pas un adulte,  même en kimono,  arborant une belle ceinture noire pleine de ‘Dan’ s, blesser vos enfants sous prétexte de les endurcir. Les avilir ne les fait pas grandir,  le bushido est empreint de respect,  de tolérance et de compassion, pas de victimes. Je suis senseï et mon but est de hisser mes élèves au-dessus de mon niveau, comme le fait mon propre professeur. Je vis et sais ce que cela représente.

Pour terminer, je connais beaucoup de professeurs de cette discipline sportive et de bien d’autres,  qui sont excessivement soucieux du bien-être de leurs élèves,  c’est l’immense majorité d’entre-eux. Eux ne confondent pas honneurs et devoir.

Soyez vigilents.

Geoffrey

Cet article ne reflète que mon opinion.